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Le curanto de Chiloe

Le curanto, c’est le plat traditionnel de l’archipel de Chiloé. Et comme sa préparation est vraiment particulière, on a décidé de vous donner la recette. Bon, soyons honnêtes, ça m’étonnerait beaucoup que l’un d’entre vous la reproduise à la maison, car vous allez voir, ça demande de la place (dans un jardin par exemple) et surtout du temps… et aussi bien sûr, plein d’invités, vu la mise en oeuvre, ce serait un peu du gâchis de préparer un curanto pour 3 et mettre le reste au congel dans un tupperware!

En fait, sur Chiloé, on trouve quand-même dans tous les restos le curanto a la olla, c’est à dire à la casserole… mais franchement, c’est de la triche… nous, on va vous parler du curanto al hoyo, autrement dit, au trou !!!

 

On a eu la chance d’être témoin de la préparation du curanto lors d’une fête traditionnelle organisée sur la petite île d’Achao… On est arrivé sur place vers midi (avec nos adorables copains chiliens Felipe et Jessica), et, pour vous donner une idée, on a mangé notre curanto vers 18h (mais on a quand-même bu du vin et de la bière entre temps, parce que faut pas déconner non plus!). Le curanto était prévu pour 70 personnes.

Tout d’abord, on creuse un trou dans le sol, d’environ 1 mètre de profondeur, et on y place des pierres. Le tout est recouvert de bûches, et on fait un feu pendant des heures, jusqu’à ce que les cailloux soient cuits ! Et voilà, c’est prêt ! Non, je déconne… Les pierres ne se mangent pas… Elles vont simplement servir à chauffer la préparation…

Après avoir disposé des feuilles de rhubarbes géantes sur les côtés, on commence par vider une bassine de moules et autres coquillages.
On rajoute aussi des pommes de terres, parce qu’on est en Amérique du sud, et que rien ne se fait sans patates, c’est comme ça! Et ça fait de jolies couleurs.

Pendant de temps là, on cuit aussi d’autres animaux… pour ceux qui perdent patience.
Après les coquillages et les pommes de terres, on recouvre d’une autre couche de rhubarbe, et on balance les haricots.
Vient le tour de la viande, poulet et porc, qui vont cuire dans le trou avec le reste.
Je vous le donne en mille, on recouvre le tout de feuilles de rhubarbe, avant la prochaine couche. Peut-être d’ailleurs, que ça vous intéresserait de savoir que ce que j’appelle rhubarbe, se nomme là-bas : nalca. Voilà, comme ça, vous pourrez briller en soirée.

Tout est dedans, il ne reste plus qu’à recouvrir de nalca (si vous avez bien tout lu, vous savez que c’est comme ça qu’on appelle la rhubarbe). Et puis, pour que ça cuise davantage à l’étouffé, on met encore une bâche en plastique de couleur bleue, complètement traditionnelle.
Quand c’est prêt, on se bouscule et on s’insulte, parce que tout le monde est affamé d’avoir attendu presque 6 heures pour déguster ce putain de curanto!

Une assiette pour 2, franchement, c’est suffisant, parce que ça tient au ventre le curanto !
Pour parfaire votre éducation, sachez que le mot « curanto » vient de la langue mapuche, dont le terme « curantü » signifie « pierre chauffée par le soleil ».

Voilà, c’était la recette du cuaranto, bon appétit bien sûr !

Valparaiso street art

Comme on vous le disait, Valparaiso, c’est très très beau, c’est sans doute une des raisons pour laquelle la ville (la 2e du Chili) fut classée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO (encore eux !) en 2003…
C’est encore Pablo Neruda qui en parle le mieux : « Valparaíso, comme tu es inconséquente, tu n’as pas peigné tes cheveux, tu n’as jamais le temps de t’habiller, tu t’es toujours laissé surprendre par la vie. » Le poète chilien y avait élu domicile à la fin de sa vie, dans le charmant quartier de Bellavista… Il y possédait une demeure surprenante, La Sebastiana, qui aujourd’hui est un musée en sa mémoire.
Mais le clou du spectacle dans cette ville, reste les peintures qui se répandent un peu partout sur les murs des maisons… murs en tôle, murs en pierre, en plâtre ou en bois, tout est colorié, dessiné, et la plupart du temps avec talent. C’est à ces fresques qu’est dédié cet album.

Valparaiso, c’est une maison bleue, et verte, et rose, et jaune, accrochée à la colline

Valparaiso, ou « Valpo » pour les intimes, fut la première étape de nos vacances de 15 jours au Chili. On mourait d’envie depuis longtemps de découvrir cette ville, qui avait quand-même terminée finaliste avec Arequipa dans la liste des lieux où nous voulions vivre ! Et franchement, elle nous a tellement enchantés, qu’on se demanderait presque si on ne pourrait pas rempiler pour une nouvelle vie au Chili !
D’autant plus qu’on adore toujours autant les chiliens, encore une fois, nous sommes tombés sur des amours, Luis et Nany, les propriétaires de la pension très familiale (hotel Patagonia) où nous avons établi notre camp pendant 3 jours. On s’est fait chouchouter comme jamais !

Valpo, a un petit quelque chose en plus, c’est indéniable… Déjà, sa construction est singulière : l’immense quartier longeant la baie, qu’on appelle « El Plan », parce que c’est la seule surface plate de la cité, menant à un impressionnant port marchand.
Le tout dominé par les quelques 45 collines sur lesquelles sont accrochées ces fameuses maisons colorées.
Mais encore une fois, ce qui fait la particularité d’un endroit, ce sont ses habitants, et là, les Porteños (comme on les appelle en espagnol) sont carrément expressifs dans le style créatif ! En témoigne l’art urbain, omniprésent sur les murs de leurs maisons: du simple tag aux fresques surdimensionnées, c’est un vaste musée d’art contemporain à ciel ouvert que l’on découvre en déambulant dans les rues étroites, escaliers et autres passages de Valpo.

94% des habitants vivent sur les cerros, dont la plupart sont des quartiers très pauvres, mais toujours colorés ! A contrario, certaines de ces collines sont particulièrement prisées des artistes, comme par exemple cerro Concepción ou cerro Alegre, qui ont sérieusement tendance à se « bobo-iser », avec des bars et hôtels à la mode, boutiques conceptuelles, et galeries d’artistes.
Ajoutons à tout ce charme, un moyen de transport original pour accéder à ces joyeux quartiers perchés : le funiculaire-ascenseur. Construits vers la fin du 19ème-début 20ème siècle, et fonctionnant initialement à la vapeur, 15 d’entre eux sont encore en service aujourd’hui sur les 28 existants.

Vous l’aurez compris, on ne savait plus où donner de la tête dans ce joli bazar, du coup, c’est en mode mitraille qu’on a passé ces 3 jours, nous retrouvant aujourd’hui avec plus de 600 clichés à trier. C’est pourquoi, on vous a préparé 2 articles sur Valparaiso, dont un spécial « grafs »… à voir au prochain épisode.

Recommandations

Excellente pension familiale

Hotel Patagonia
Huito 565, depto.4, Valparaiso
Chambre double + p’tit déj’ : 25 000 pesos
Tel : (32) 2215957

Boire un verre ou bien manger

Almacen nacional
Almirante Montt 402, Cerro Alegre, Valparaiso