Sélectionner une page

Arica, frontière, momies et Mc Bites

Ouh la la, il y a 3 mois qu’on a publié notre dernier article!!! Ben oui, on ne bouge pas beaucoup en ce moment, notre préoccupation concerne plutôt tout le travail à terminer avant de retrouver la France pendant quelques semaines à partir de mi-septembre!!! On a hâte, vous imaginez… plus de 2 ans qu’on n’a pas remis les pieds dans notre mère patrie… ça commence à faire long.

Mais en attendant, nous ici, nous avons aussi quelques détails administratifs à prendre en compte, par exemple, nous ne sommes au Pérou qu’en qualité de touristes. Or, ce statut est limité dans le temps, c’est donc pourquoi il faut rester vigilant à ne pas dépasser le temps du visa accordé sur notre passeport, et quand l’échéance arrive à son terme, il nous faut repasser une frontière. En règle générale, depuis 2 ans, étant donné nos fréquents voyages, les visas se renouvelaient d’eux-même… Mais comme depuis 6 mois, nous n’avons pas bougé de chez nous, il a fallu s’en soucier !
Notre avantage à Arequipa, c’est que nous ne sommes pas loin des frontières chilienne et bolivienne (bon, tout est relatif, entre 5 et 8h de route quand-même).Ce que nous on préfère (on l’a déjà fait une fois auparavant), c’est de faire l’aller-retour au Chili, jusqu’à Arica, où tout est bien organisé (beaucoup mieux organisé qu’à la frontière bolivienne, où c’est un peu le boxon, et surtout, plein de touristes).
Donc, cette semaine, on est allé boire une bière à Arica avec notre copain Yves, qui était dans la même situation quasi clandestine que nous.
Comme je le disais plus haut, ce n’est pas la 1ere fois qu’on va à Arica juste pour faire tamponner le passeport (en fait, c’est la 2e), mais, nous sommes déjà passés plusieurs fois dans cette ville en étape lors de nos voyages au Chili, et jamais, nous n’avons fait d’article sur elle, alors, que c’est quand-même l’endroit de ce pays qu’on connait le mieux ! Bon, évidemment, il y a une raison à ça : Arica, c’est pas fou fou !
Mais bon, tout de même, il y a des trucs intéressants :
– La vallée de Azapa, dans laquelle est située Arica est connue pour produire la meilleure huile d’olive du pays. Depuis des siècles, des hectares d’oliveraies font vivre les producteurs de la région, et c’est superbe à voir. Malheureusement, depuis quelques années, des multinationales (pour changer) rachètent les terrains, et rasent les milliers d’arbres plusieurs fois centenaires. Tout ça pour planter du maïs!!! Non mais allô quoi!!!
– Le musée San Miguel de Azapa qui renferme des vestiges de cultures pré-hispaniques, dont la très intéressante culture de Chinchorro. L’une des caractéristiques les plus intéressantes de cette civilisation, c’est l’élaboration complexe de leurs rites funéraires. Nous parlons ici des momies les plus vieilles du monde ! La plupart datent de 7000 ans ! Contrairement à ce qu’on observe en général en Amérique du sud, les corps ne sont pas gardés en position foetale, mais allongés, et sont entièrement désarticulés. Leurs os, sont rassemblés près de la dépouille, mais sont remplacés à l’intérieur du corps par du bois. Les organes et les muscles sont remplacés par de la cendre, de l’argile et des matières végétales. Ils recouvraient ensuite le corps de boue et le peignaient. Selon les périodes, plusieurs types de momies se succèdent avec des variantes : les momies noires (les plus anciennes), les momies rouges, les momies à bandelettes et enfin, les momies avec une couche de boue non-peinte. Ils momifiaient même les foetus (voir photos)… Je vous jure, c’est passionnant!

Un petit air de Santiago

Notre retour vers le Pérou – pour l’arrivée de la famille, youpi ! – nous faisant passer par Santiago, on s’est dit que tant qu’à faire, autant y passer quelques jours pour voir à quoi ça ressemble, et par la même occasion, boire un verre avec les amis qu’on s’était faits l’année précédente sur l’île de Pâques.

Avant même d’envoyer les mails d’usage, prévenant de notre arrivée, voilà pas que Sabastian nous contacte dans les minutes qu’ont suivi notre passage au JT de la télévision chilienne (souvenez-vous), en nous honorant d’une invitation à rester chez lui, ses 2 colocataires étant en vadrouille !
On débarque donc dans son appartement, qui n’a rien à envier aux parisiens question petitesse, mais c’est cosy, près du centre (en métro), et surtout on est accueilli encore une fois comme des papes ! Sacrifiant sa pause déjeuner pour nous ouvrir, Sebastian nous laisse un double des clés, et nous voilà libres d’aller et venir à notre guise.

Santiago est une capitale dans un style très européen : des grandes artères où les immeubles anciens côtoient les buildings rutilants, des rues piétonnes où s’enchaînent les grandes enseignes, des quartiers populaires, des quartiers bobo et des quartiers chics, des petits espaces verts, le métro, etc…
Nous y avons déambulé sans objectif précis, et suant à grosses gouttes dans la canicule ambiante, visitant ici un parc, là un quartier tranquille. Nous avions – ou disons plutôt que Mag avait – tout de même l’envie de dénicher une théière, un truc spécifique avec un petit panier, chose qui n’existe pas chez nous. Felipe et Jessica (rencontrés à Chiloé) nous avaient affirmé qu’on trouverait, alors on a cherché ! Et on l’a dégotée, dans une boutique appelée « leete », un salon de thé et de lecture et vendant…. du thé et des livres. J’y aurais bien dépenser nos derniers pesos en BD indépendante, le volume sur des zombies à Valparaiso me tentait bien particulièrement.

C’est par hasard que nous tombons sur le bar « The Clinic ». Justement, Felipe et Jessica nous en avaient parlé. Un journal satirique à l’origine, « The Clinic » a diversifié en ouvrant ce concept-bar : un vieil immeuble restauré avec parking à vélo dans l’entrée, des Piñericosas au mur (photo-montages moquant l’actuel président Piñera), boutique de babioles, salle de projection, etc… le prix des consommations ne nous a pas retenus, mais le lieu vaut le détour !

Les soirées n’ont pas été en reste, puisque Sabastian nous a fait découvrir « La Piojera », un incontournable bar populaire. Au dessus de l’entrée, on lit « Palacio popular ». De petites cours bondées succèdent à quelques salles aux tables couvertes de nappes en toile cirée. Il y a foule, et le terremoto coule à flots – « terremoto » signifie tremblement de terre, ici c’est un cocktail à base de liqueur de vin blanc, fernet branca et glace à l’ananas, et il fut inventé ici même, parait-il. Sans être dégueux, ce n’est pas non plus particulièrement bon, on s’en contente d’un, sans doute qu’après 3 ou 4 on comprend mieux d’où lui vient son nom.
On terminera par une soirée plus tranquille, et plus française, préparant un bon petit plat de chez nous, accompagné d’un blanc dont on vous dira des nouvelles, dès qu’on aura trouvé un tire-bouchon. Mais vous nous connaissez, on ne se laisse pas abattre quand il s’agit de boire un coup, alors on a bien fini par trouver la solution !

Et pour finir, une petite suée le dernier jour, en pensant profiter tranquillement de notre journée en attendant de prendre l’avion le soir, nous découvrons vers midi, qu’il décolle en fait à 14h ! On a battu, ce jour-là, le record du monde de préparation de sac à dos, c’est certain.

Recommandations

Un excellent bar populaire

La Piojera
Calle Aillavilu 1030, Santiago
Pour l’ambiance et le terremoto

Le curanto de Chiloe

Le curanto, c’est le plat traditionnel de l’archipel de Chiloé. Et comme sa préparation est vraiment particulière, on a décidé de vous donner la recette. Bon, soyons honnêtes, ça m’étonnerait beaucoup que l’un d’entre vous la reproduise à la maison, car vous allez voir, ça demande de la place (dans un jardin par exemple) et surtout du temps… et aussi bien sûr, plein d’invités, vu la mise en oeuvre, ce serait un peu du gâchis de préparer un curanto pour 3 et mettre le reste au congel dans un tupperware!

En fait, sur Chiloé, on trouve quand-même dans tous les restos le curanto a la olla, c’est à dire à la casserole… mais franchement, c’est de la triche… nous, on va vous parler du curanto al hoyo, autrement dit, au trou !!!

 

On a eu la chance d’être témoin de la préparation du curanto lors d’une fête traditionnelle organisée sur la petite île d’Achao… On est arrivé sur place vers midi (avec nos adorables copains chiliens Felipe et Jessica), et, pour vous donner une idée, on a mangé notre curanto vers 18h (mais on a quand-même bu du vin et de la bière entre temps, parce que faut pas déconner non plus!). Le curanto était prévu pour 70 personnes.

Tout d’abord, on creuse un trou dans le sol, d’environ 1 mètre de profondeur, et on y place des pierres. Le tout est recouvert de bûches, et on fait un feu pendant des heures, jusqu’à ce que les cailloux soient cuits ! Et voilà, c’est prêt ! Non, je déconne… Les pierres ne se mangent pas… Elles vont simplement servir à chauffer la préparation…

Après avoir disposé des feuilles de rhubarbes géantes sur les côtés, on commence par vider une bassine de moules et autres coquillages.
On rajoute aussi des pommes de terres, parce qu’on est en Amérique du sud, et que rien ne se fait sans patates, c’est comme ça! Et ça fait de jolies couleurs.

Pendant de temps là, on cuit aussi d’autres animaux… pour ceux qui perdent patience.
Après les coquillages et les pommes de terres, on recouvre d’une autre couche de rhubarbe, et on balance les haricots.
Vient le tour de la viande, poulet et porc, qui vont cuire dans le trou avec le reste.
Je vous le donne en mille, on recouvre le tout de feuilles de rhubarbe, avant la prochaine couche. Peut-être d’ailleurs, que ça vous intéresserait de savoir que ce que j’appelle rhubarbe, se nomme là-bas : nalca. Voilà, comme ça, vous pourrez briller en soirée.

Tout est dedans, il ne reste plus qu’à recouvrir de nalca (si vous avez bien tout lu, vous savez que c’est comme ça qu’on appelle la rhubarbe). Et puis, pour que ça cuise davantage à l’étouffé, on met encore une bâche en plastique de couleur bleue, complètement traditionnelle.
Quand c’est prêt, on se bouscule et on s’insulte, parce que tout le monde est affamé d’avoir attendu presque 6 heures pour déguster ce putain de curanto!

Une assiette pour 2, franchement, c’est suffisant, parce que ça tient au ventre le curanto !
Pour parfaire votre éducation, sachez que le mot « curanto » vient de la langue mapuche, dont le terme « curantü » signifie « pierre chauffée par le soleil ».

Voilà, c’était la recette du cuaranto, bon appétit bien sûr !

Lîle de Chiloe, saumon et traditions

On a entrevu l’île de Chiloé pour la première fois en parcourant les méandres du fleuve Ucayali dans la jungle amazonienne. Et oui, les longues heures consacrées à la lecture nous ont plongés dans le très bon roman « Cuaderno de Maya » d’Isabel Allende (en version originale s’il vous plait !), dont l’histoire se déroule en grande partie sur l’île. C’est ainsi qu’on a découvert ses paysages, ses villages, sa population aux traditions fortes et ses légendes ancestrales… En refermant le livre, on a eu chacun notre tour la même envie, celle de voir ça de nos propres yeux !

C’est d’ailleurs la destination principale de ce petit séjour au Chili. Un bus de nuit nous a conduits tout droit vers le sud depuis « Valpo » jusqu’à Puerto Montt, où l’on attrape une navette qui se rend sur l’archipel, dont l’île principale (la isla grande) est grande comme la Corse.

Nous avons établi notre base à Castro, la ville de taille modeste, qui a su conserver ses constructions en bois, typiques de l’île. On a été subjugué par les innombrables petites maisons colorées sur pilotis – les palafitos – ainsi que par les nombreuses églises, entièrement érigées en bois imputrescible, une véritable prouesse de la part des menuisiers locaux des 17ème et 18ème siècles ! La preuve en est qu’elles tiennent encore debout après plus de 300 ans d’intempéries ! D’ailleurs, une bonne partie est aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les fêtes populaires organisées dans divers villages de l’archipel nous ont conduits sur de plus petites îles, comme Puqueldon ou Achao, où les festivités montraient toute l’étendue des traditions locales. On a découvert ainsi grand nombre de spécialités gastronomiques et artisanales, dont le fameux « curanto al hoyo » (à découvrir prochainement), et autres plats à base de poisson, crustacés ou autres fruits de mer. Le summum a été atteint avec l’organisation d’une minga – pour de faux, mais une bonne démonstration des traditions chilote. Il s’agit de rassembler les énergies de la communauté afin d’aider l’un de ses membres pour une action d’ampleur, comme des travaux par exemple… Dans notre cas, nous avons vu déplacer une maison tirée par des boeufs, mettant ainsi à contribution toutes les bêtes et les bras à disposition : un bel exemple de solidarité et de coopération communautaire ! Fait remarquable, à cette occasion, on est même passé à la télévision chilienne !

Sinon, durant notre semaine sur Chiloé, nous aurons aussi profité d’une journée de balade dans le parc national, au bord du Pacifique,envahit par les rhubarbes géantes, eu la chance d’observer de sublimes cygnes à col noir, espèce protégée, rencontré un super couple de chiliens, Felipe et Jessica, qu’on se fera un plaisir de revoir dès que possible, et bien sûr, on s’est gavé de saumon sous toutes ses formes (on en a même ramené 3 kilos à la maison!).

Recommandations

Un chouette hôtel à Castro

Hostal Costa Azul 
Eusebio Lillo 67, Castro
la chambre double avec salle de bain : 25 000 pesos

Un petit resto pas cher et bon

Omera Comedor 
Latorre, 120, Castro
Menu : 2 000 pesos